La métropolisation: une tendance « début de siècle »…

Les 2 principaux arguments matraqués par les promoteurs des GPII sont leur utilité et l’emploi. Concernant la soit disant utilité, j’ai assisté à 2 conférences de géographes sur la MÉTROPOLISATION, en voici une courte synthèse…

Une métropole, c’est une ville qui correspond à certains critères, entre autre la taille : + d’un million d’habitants (pour info Nantes c’est moins de 500 000).
Depuis les années 1970, un phénomène d’exode urbain commence à apparaître (c’est la 1ère fois en occident depuis l’effondrement de l’empire Romain). Ceci à plusieurs niveau : on quitte les centres villes pour les périphérie, on quitte la moitié nord-est de la France (urbanisée et industrielle) pour la moitié sud-ouest (moins urbanisée), on quitte les pays « développés » pour ceux « en développement » (pour les cadres sups et les capitaux). Le solde migratoire des grandes villes Française est négatif depuis plusieurs années (plus de gens partent ou meurent qu’arrivent ou naissent). Ce sont les petites villes qui se développent le plus, la vraie campagne continuant à se désertifier.

La métropolisation, transformation de grandes villes en métropoles par grignotage des campagnes et annexion des petites villes voisines, n’est donc pas en Europe un phénomène « naturel », mais une volonté des pouvoirs publics. Cette métropolisation passe par la construction d’infrastructures censées attirer entreprises, dirigeants et travailleurs diplômés. Les métropoles se mettent en réseau via des aéroports et des LGV qui isolent encore plus les campagnes ; les métropoles se désintéressent de leurs périphéries. Le développement de Paris a été relancé (projet du « Grand Paris »).
Il faut noter que pendant les 30 glorieuses, la volonté était inverse : il y avait un vrai effort de rééquilibrage (aide aux petites et moyennes villes), ce temps est révolu.

Pourquoi métropoliser maintenant ? Les territoires sont en concurrence les uns contres les autres. Nos élites libérales n’envisagent de tirer leur épingle du jeu qu’en grossissant. Cette course à l’échalote était plus ou moins logique jusqu’à la fin du 20ème siècle. Actuellement chez nous, avec les réseaux de communication dématérialisés et le remplacement de l’industrie par le numérique, cette course au plus gros n’as plus lieu d’être. Et même si elle avait gardé une logique, elle serait perdu d’avance puisque qu’une ville moyenne en chine à plusieurs millions d’habitants. Est-ce que ce n’est pas plutôt l’originalité qui peut permettre à une ville d’être attrayante et dynamique ?

Logique ou stupide, cette métropolisation à des effets sociaux réels : Pour la 1ère fois de l’histoire occidentale, les classes populaires sont chassées des lieux de production de richesses (puisqu’on ne produit plus avec de la main d’oeuvre mais avec des machines et des achats de production délocalisées). Les zones rurales deviennent dépendantes, en terme d’emploi, de la métropole voisine et sont plus durement touchées par la crise.
Les villes sont gérées comme des entreprises et de plus en plus de décideurs ne sont pas élus. Les communes qui auraient pu développer des alternatives sont absorbées dans des communauté de commune ou agglomération qui restent de part leur taille dans la logique dominante.

Marc

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Classé dans Témoignages

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