Valls sans retour

Plutôt que de faire un CR « classique » de l’excellent ouikende des 8/9 octobre à Notre-Dame des Landes, qui ne reflèterait que peu l’esprit qui règne sur la zad en « temps normal » (car moment ponctuel festif et revendicatif), nous préférons transmettre cette excellente tribune écrite par le collectif « mauvaise troupe ». Tout y est, alors lisez donc (J’ai intercalé quelques images du ouikende)!

Un CR plus représentatif de la vie sur la zad en ce moment suivra, puisque certains de nos vaillants reporterres y repartent prochainement une semaine.

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Valls sans retour

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Alors que nous écrivons ces lignes, le bruit de l’hélicoptère tente de briser notre concentration. Il tourne, désormais quotidiennement, là-haut où les avions ne volent pas, répandant sa rumeur de guerre et de reconquête. César guette et cherche à impressionner. Parfois il se met légèrement sur le flanc, pour nous mieux observer. Est-il surpris par la ronde des tracteurs qui depuis quelques jours déposent des balles de foin aux carrefours ? Par ces comités de soutien qui viennent repérer les lieux les plus stratégiques où ériger leurs barricades ? Par les formations qui chaque fin de semaine regroupent plus de cent personnes venues se préparer aux expulsions annoncées ? Peut-être l’est-il davantage encore de tous ces gestes qui perdurent. Sylvie et Marcel qui soignent leur troupeau, les moissons du sarrasin, un fest-noz célébrant la récolte de patates, quatre-vingt charpentiers bâtissant l’ossature d’un gigantesque hangar ou une bibliothèque tout juste inaugurée. Son regard peut-il embrasser avec les 2000 hectares toute la richesse de la vie qui les peuplent ? Celle qu’il prétend détruire dans le mois à venir…

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Les préparatifs d’une nouvelle opération d’occupation et de destruction du bocage à sept mois des élections présidentielles ont quelque chose d’irréel. Après un printemps de grèves, de blocages économiques, d’agitation de rue contre la loi travail, en plein état d’urgence, quel serait l’enjeu de transformer ce coin de campagne mais aussi la ville de Nantes en véritables poudrières ? Ce n’est certes pas seulement pour construire un aéroport de plus et ainsi honorer les « accords public-privé » avec la multinationale Vinci. S’il est vital pour les gouvernants d’écraser la zad, c’est qu’elle constitue une démonstration insolente d’une vie possible sans eux. Et d’une vie meilleure. À l’heure où la seule prise politique qui nous est proposée consiste à choisir, le nez bouché, le moins pire des affairistes en mesure de battre le FN (mais d’en appliquer le programme), le surgissement d’un territoire hors et contre le principe même de gouvernement leur est insupportable.

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Car ici, l’expression « zone de non droit », qu’ils voudraient effrayante, a pris une acception radicalement positive. Contrairement à ce qui a lieu dans les rues des villes « policées », à la zad, personne ne dort dehors et chacun mange à sa faim. De grands dortoirs accueillent les arrivants, un « non-marché » hebdomadaire propose les légumes, la farine, le lait, le pain et les fromages produits sur place, sans qu’un prix ne vienne en sanctionner la valeur. Dans les nombreuses infrastructures collectives, mais aussi dans les échanges ou les travaux collectifs, les relations se basent sur la confiance et la mise en commun, à l’envers des logiques ayant cours qui s’appuient sur le soupçon et l’individualisme. Ce que les cyniques de tous bords taxent d’utopie irréalisable est éprouvé dans les gestes et la matière. Même l’absence de police et de justice – les gendarmes ne fréquentant plus la zone depuis 2013 – n’a pas produit le chaos que d’aucuns auraient imaginé et souhaité. Les opposants à l’aéroport ont démontré qu’ils étaient capables de vivre ensemble sans aucune tutelle les surplombant. Une communauté de lutte a donc patiemment vu le jour, nouant des liens tissés pour résister aux attaques comme au pourrissement. Tout ceci ne va pas sans heurts, évidemment, si déshabitués que nous sommes à décider nous-mêmes de nos devenirs. Nous réapprenons, nous apprenons, et rien n’est plus joyeux et passionnant que de se plonger dans cet inconnu.

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C’est pour toutes ces raisons que la zad représente une véritable expérience révolutionnaire, de celles qui redessinent radicalement les lignes de conflit d’une époque. Le mouvement anti-aéroport s’étend aujourd’hui dans des pans de la société habituellement plus sensibles au chantage à l’emploi et à la crise qu’à la défense d’un bocage. Les salariés de Vinci, mais aussi de l’actuel aéroport, ont clairement exprimé, via leurs sections CGT, qu’ils rejoignaient la lutte et ne seraient jamais des « mercenaires ». De même, les lycéens et étudiants mobilisés au cours du mouvement contre la loi travail s’apprêtent à bloquer leurs établissements dès l’arrivée des troupes. Trop d’espoirs sont condensés ici pour que nous puissions être vaincus, il en va de notre avenir, de nos possibilités d’émancipation. Nombreux sont ceux qui le pressentent, se tenant prêts à transformer la bataille de Notre-Dame-des-Landes, si elle a lieu, en véritable soulèvement populaire, capable de rabattre l’arrogance d’un État qui pense pouvoir impunément casser les travailleurs, précariser la population, mutiler les manifestants, tuer Rémi Fraisse, Adama Traoré et tant d’autres, donner un blanc-seing à sa police et continuer allègrement sa chasse aux migrants.

 

Face à leurs fusils semi-létaux, face à leurs blindés à chenilles, nous aurons les armes séculaires de la résistance : nos corps, des pierres, des tracteurs et des bouteilles incendiaires, mais surtout notre incroyable solidarité. Peu importe que la partie soit inégale, elle l’était tout autant en 2012, quand après des semaines dans la boue, derrière les barricades, nous leurs avons finalement fait tourner les talons. dsc_8070Il y a quelques semaines déjà, alors que sous le hangar de la Vacherit l’assemblée du mouvement touchait à sa fin, un octogénaire se lève, un éclat de malice dans le regard et des cartons plein les bras. Il déballe fièrement les mille lance-pierres qu’il a fabriqués avec quelques complices pour projeter des glaçons de peinture. Tous rient, mais en essaient l’élastique. Car s’il faut à nouveau prendre les sentiers de la guerre pour défendre ce bocage, nous serons nombreux à le faire, ici, partout. C’est ce que nous avons affirmé ensemble une fois de plus lors de la grande manifestation du 8 octobre. Brandissant nos bâtons, nous avons scellé ce serment : nous défendrons ce bocage comme on défend sa peau ; policiers, soldats, politiciens, vous pouvez venir raser les maisons, abattre le bétail, détruire les haies et les forêts, ne vous y trompez pas : la fin de votre mandat ne suffirait pas à éteindre ce que vous embraseriez à Notre-Dame-des-Landes.

Collectif Mauvaise Troupe (photos: fm)

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Action du comité NDDL basque à la permanence du PS

Pas à dire, le comité basque est actif, inventif et efficace. Bravo!

Communiqué de presse du comité de soutien NDDL Pays Basque du 26 mars 2016

AVIS d’EXPULSION du Parti Socialiste de son local place des Gascons à Bayonne

Ce samedi 26 mars 2016, les habitants « historiques » de Notre-Dame-Des-Landes sont devenus expulsables et occupent donc illégalement leurs terres et leurs habitations.
Un appel a été lancé à tous les comités de soutien de l’hexagone et d’ailleurs.
Nous, comité de soutien Pays Basque y avons répondu car nous ne reconnaissons pas la légitimité de cette décision d’expropriation-expulsion.
Nous avons placardé un AVIS d’EXPULSION sur le local du Parti Socialiste de la place des Gascons à Bayonne (rebaptisé Parti Social-traître). Nous l’avons symboliquement fermé et nous avons délimité cette zone comme dangereuse pour cause d’inutilité publique, mensonges avérés et répétés, atteinte aux biens communs, destructions d’habitats, mauvais traitements, incitation à la désespérance.
Vous trouverez ci-joint des photos de cette action.
L’aéroport ne se fera pas !
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La manif du 27 février: un compte-rendu

Après l’annonce par la justice de l’imminence des expulsions des résidents, « historiques » ou non, de la ZAD, un appel à manifestation était lancé par les différents acteurs de la lutte.

Ainsi donc, après contacts avec les militants des hautes-Pyrénées et d’Ariège qui se chargeront avec leur efficacité coutumière du bus, voilà la délégation béarnaise à nouveau en voyage pour ce lieu de lutte emblématique.

Dés notre arrivée (après une nuit peu reposante, en bus on est habitués!), nous sommes accueillis par les gens de l’orga qui nous remercient de venir de si loin pour les soutenir. 68 bus sont attendus de toute la France !

Le trajet nous fait emprunter une partie de ce qui devrait devenir un des 2 accés routiers au glorieux aéroport, on va donc marcher 5 km sur la 4 voies afin de rejoindre ceux qui, eux, arrivent en vélos et tracteurs, du 2nd accés routier à l’est de la zad.DSC_4582

Une 4 voies, c’est pratique pour mesurer l’ampleur d’une manif, on a de la visibilité et on peut prendre de la hauteur en montant sur les ponts. Celle ci est gigantesque, et comme chaque fois ici l’imagination déborde de partout, déguisements, slogans, dessins, dans une grande et joyeuse variété de militants, entre « vieux militants »  toujours fidèles aux Verts (oui, il en reste, tout comme il reste quelques irréductibles au PS, enfin, il paraît,…) et « jeunes » encagoulés qui dansent autour d’un tracteur tirant un énorme sound system. Se balader dans le cortège est à ce titre très amusant pour mesurer à quel point l’opposition à l’aéroport est diverse et rassembleuse. Car évidemment, il y a aussi des familles avec grands parents et enfants, des paysans avec tracteurs et restauration (dont la camionnette de « l’auberge des Q de plomb », au village du Liminbout, village qui devait être rasé pour faire place au tarmac international…), des gens qui dansent, qui jouent de la musique, qui tapent par centaines sur les barrières de sécurité, rythme primitif envoutant !DSC_4589

À chaque passage de pont les bombes de peintures s’en donnent à cœur joie, et autant on peut tiquer sur « tous les flics sont des batards », autant un « vive la commune » fait plaisir à voir. Les ponts ne seront pas les seuls à faire les frais des taggeurs ; la station total du Temple de Bretagne, fermée, rideaux de fer abaissés, est assaillie, rebaptisée « en souvenir de l’erika » et couverte de tags. Jouissif.

Comme j’ai apporté 2 vélos dans les soutes du bus, on attend l’arrivée du cortège pour partir faire un tour sur la Zad, située à quelques km du cortège. Dés qu’on a quitté le monde, la quiétude nous saisit : le bocage et la « zone humide » nous accueillent par leur tranquilité.DSC_4624

Au carrefour des Perrières, 1ère à droite, et on arrive à la ferme de Bellevue, ferme qui fut occupếe dés le lendemain du départ de son propriétaire (qui l’avait vendue au conseil général), et l’est toujours, fonctionnant en autogestion, et produisant des fromages de vache, du pain… Un lieu d’accueil incontournable, pour les habitants de la zad comme les autres, lieu de réunion aussi, où il est rare d’avoir moins de 10 personnes à manger le soir. D’ailleurs on y est accueillis par Seb, un des rares zadistes à ne pas être à la manif (allergie à la foule, ou plutôt « on ne laisse pas les bêtes seules! »), qui nous donne des nouvelles, nous confirme en particulier que plein de gens arrivent sur la zad depuis le jugement d’expulsion et que ça construit (en planches et en terre) de partout. On repart, après avoir renseigné des « touristes » (oui, la zad se visite, à quand les cars de japonais?), « on cherche la ferme de Bellevue, mais on veut pas déranger ».

On emprunte le chemin de Suez, toujours boueux, entre les haies de genêts et de jeunes chênes. Une des artères importantes de la zad (passant le long du bois de Rohanne, où les cabanes dans les arbres furent violemment détruites), des champs élysées en version « toujours de boue »?DSC_4655

Passage devant les « fosses noires » et les lieux de vie discrets, au bout d’un petit chemin, puis on prend la « mythique » RD 281, dite « route des chicanes », qui vit de violents affrontements lors de l’opération César.

Se confirme ce que nous a dit Seb : depuis ma dernière visite, où les barricades semblaient un peu abandonnées, de nouvelles tours de gué, vigies à l’architecture incertaine sont nées, on voit des ombres qui passent devant les fenêtres, preuve qu’on y est prêt à toute éventualité. Puis retour par les ardillères à la manif, après une quinzaine de km sur la zad, où on retrouve les copains. Pendant l’après midi une gigantesque vigie de métal a été dressée, qui devrait permettre d’anticiper toute incursion policière ou toute reprise des travaux. « Laisse béton », y lit on sur le métal fraichement soudé! Retour au bus, près de la 4 voie, alors que la nuit tombe et que quelques irréductibles tiennent tête à une douzaine de véhicules gendarmesques, histoire de dire « on ne respecte pas l’ordre d’évacuer la route, et on tiendra jusqu’au bout ». Les uns sous le pont, aspergés de lacrymo, les autres au dessus, arrosant à tout va, bref l’habituel jeu du chat et de la souris de Notre-Dame des Landes, c’est presque une habitude…DSC_4632

Merci aux organisateurs du bus pyrénéen (d’autres sont venus par leurs propres moyens, on en a vus!), merci aussi à ceux qui n’ont pu venir et qui ont participé financièrement, c’était une nouvelle fois une belle escapade en cette terre de grand projet inutile imposé, en espérant comme toujours son proche enterrement.

Toutes nos excuses aussi, pour ne pas avoir été très sérieux quant à la tenue de ce blog du comité de soutien. Le dernier article remonte à 2 ans, et on n’y a même pas annoncé la manif du 27! On ne recommencera pas…DSC_4662

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Le Premier ministre n’a pas voulu rallumer la colère des opposants, à quelques semaines des élections…

Jean-Marc Ayrault a finalement choisi de ne pas rallumer la guerre dans le bocage de Notre-Dames-des-Landes, douchant les espoirs des partisans du projet d’aéroport qui espéraient un rapide début des travaux en réaction aux violences qui ont émaillé une manifestation d’opposants à Nantes le 22 février.
A trois semaines du premier tour d’élections municipales délicates pour la majorité, le Premier ministre a décidé de ne pas rouvrir de nouveau front dans un agenda politique chargé et de ne pas braquer ses alliés écologistes.

Moratoire en vigueur depuis plus d’un an

Alors que des appels se sont multipliés cette semaine pour une évacuation des opposants occupant le site prévu pour le nouvel aéroport de Nantes, le chef du gouvernement a de facto réaffirmé vendredi soir le moratoire en vigueur depuis plus d’un an.
«Ce projet avance mais il faut laisser les recours être examinés par l’autorité judiciaire parce que (…) nous sommes dans un Etat de droit», a souligné Ayrault, lui-même très favorable au projet, lors d’un déplacement à Nantes.
Les partisans de l’aéroport, aux premier rang desquels les élus PS locaux, estiment que plus rien ne s’oppose à un début des travaux depuis la signature le 20 décembre de quatre arrêtés préfectoraux sur l’eau et la biodiversité, les recours déposés par les opposants n’étant pas suspensifs.
Arguant des violences qui ont marqué la manifestation de 20 à 60.000 opposants à Nantes le 22 février, le président (PS) de la région Pays de la Loire, Jacques Auxiette, a demandé mercredi à François Hollande l’évacuation des 150 à 200 «zadistes» occupant le site de Notre-Dame-des-Landes, un appel relayé par le Medef et le collectif de partisans «Les Ailes de l’Ouest».

Copé appelle à «prendre ses responsabilités»

De son côté, le président de l’UMP, Jean-François Copé, a appelé le chef du gouvernement à «prendre ses responsabilités» en faisant démarrer les travaux.
Jeudi, lors d’une conférence de presse sur le site, les anti-aéroports ont toutefois signifié qu’ils étaient «prêts» à faire face à une intervention et à «défendre les terres, les habitants, les paysans» du secteur.
En octobre et novembre 2012, des centaines de gendarmes avaient tenté sans succès de déloger les opposants, popularisant leur cause auprès du grand public, avant la mise en place d’un moratoire de fait.

«Ayrault a fermé le ban»

Avec son intervention vendredi, «Jean-Marc Ayrault a fermé le ban des gens qui voulaient instrumentaliser les violences du 22 février pour pousser leur avantage», a estimé samedi François de Rugy, député EELV de Loire-Atlantique, interrogé par l’AFP.
Pour son confrère Ronan Dantec, sénateur EELV du même département, «une intervention sur le terrain aurait été un casus belli et un point très, très sensible pour les municipales».
«Une telle intervention avant un jugement sur le fond au regard de la loi sur l’eau aurait laissé des traces très profondes pour l’axe national du PS avec les écolos», a-t-il expliqué.
Dimanche, une escarmouche avait déjà ébranlé la coalition gouvernementale, quand Ayrault avait sommé EELV de sortir de l’«ambiguïté» vis-à-vis des casseurs, avant de modérer ses propos le lendemain.
 Avec AFP

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Communiqué de presse inter comités de soutien à la lutte de NDDL suite à la manif du 22 février

Nous, comités de soutien à la lutte de Nddl de toute la France et de plus loin encore, soutenons pleinement la position exprimée dans le communiqué de presse des organisateurs/trices de la manifestation du samedi 22 février 2014 à Nantes.

Nous tenons à souligner l’incontestable succès de ce rassemblement et notre plaisir à y avoir participé. Une manif populaire, puissante, digne. C’est une convergence forte à souligner entre urbains et monde agricole ! Nous sommes d’autant plus regonflé.es et motivé.es pour les suites de la mobilisation que cette journée de manifestation a permis un moment de retrouvailles et d’échange et nous a permis de prendre la mesure de nos forces et de nos soutiens. Et d’autant plus convaincu.es qu’au vu de la mobilisation qui ne cesse de s’élargir année après année, l’arrêt du projet ne saurait être qu’inéluctable, malgré la propagande qui voudrait nous faire croire le contraire.

Cette manifestation comme les luttes auxquelles nous participons ici et là contre les grands et petits projets nuisibles imposés nous apprend ou nous confirme d’où vient la violence réelle et comment elle est instrumentalisée par les puissants- industriels, financiers, gouvernementaux et média-s. Nous déplorons la présence policière excessive dans les rues de Nantes ce samedi 22 et nous apportons tout notre soutien à celles et ceux d’entre nous qui ont été blessé.es au cours des interventions des forces de l’ordre.

Nous ne nous laisserons pas tromper. Nous sommes et resterons uni.es.

Les comités de soutien continueront les actions visant à informer le public des enjeux de la défense de la Zad et envisageront, en fonction de l’évolution de la situation, les actions nécessaires d’opposition au projet d’aéroport. En cas d’intervention sur la Zad, les comités rappellent qu’ils se tiennent notamment prêts à répondre à l’appel lancé par les opposants : venir en renfort sur place, bloquer Vinci, ses alliés et ses sous-traitants par tous les moyens jugés nécessaires et occuper les lieux de pouvoir là où ils sont.

Résistance !

Mercredi 26 février 2014

*Comités Signataires au 27 février 2014 :* Comité NDDL 18 (Bourges) Collectif Alsace NDDL Comité NDDL 4B16 Collectif NDDL Centre Finistère Comité NDDL – Plateau de Saclay Comité de Troyes (Aube, 10, Champagne) Comité Régional Nord-Pas de Calais Collectif de solidarité ZAD Rouen-NDDL Comité NDDL Pleudaniel, Côtes d’Armor Comité bigouden Comité de soutien Challans Nord Ouest Vendée (85) Comité NDDL 92 sud Collectif Nantais Contre l’Aéroport (CNCA – 44) Comite de Lisieux (14) Collectif de Nîmes (30) Collectif Nddl Beauvais (60) Comité NDDL Challans (85) Comité Nort Nozay (44) Comité du Comminges (sud de la Haute-Garonne 31) Collectif IDF Collectif NDDL de Quimper Cornouaille(29) Comité NDDL Saint-Malo (35) Collectif de l’Université de Nantes Contre l’Aéroport (CUNCA) Comité de soutien 79 aux opposants à l’aéroport de NDDL Comité poitevin NDDL Comité NDDL St Brieuc (22) collectif des buzug du Trégor (22) Comité de soutien NDDL Chalon-sur-Saône (71) Comité Bordelais de soutien à NDDL Comité de soutien saintais contre le projet d’aéroport à NDDL Comite11 (Aude) Comité de soutien Nord 79 Comité nddl cherbourg (50) Comité de soutien Saumur-Chinon (49-37) Collectif Jura-NDDL-Sauvons l’Avenir- Sauvons nos Terres Collectif Alternatiba 79 Comité NDDL Manche Comité de soutien Allier Comité Sud Loire (44) Comité Dijon-Nddl

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Nantes: impressions d’après

Comme vous y êtes habituéEs, voici un compte rendu « personnel qui n’engage que moi » après le retour sans encombre des 21 BéarnaisEs partiEs (un record! Le bus affrété par nos amis de Comminges et Tarbes n’a pas suffi, et il nous a fallu louer un véhicule supplémentaire. Nous avons reçu aussi 220€ de dons de soutien de personnes qui ne pouvaient venir, merci à elles!).

Tous les commentaires sont bienvenus!

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Arrivés très tôt le matin à Nantes, nous nous dirigeons tranquillement vers le lieu de départ de la manif, remarquant à mesure qu’on approche une présence policière de plus en plus évidente, avec des barrières anti émeutes (mais pas partout, bizarre non?) censées circonscrire le « centre interdit » (annonce faite la veille, sympa pour l’organisation du service d’ordre), et le véhicule blindé avec son canon à eau bien en évidence aussi. Arrivés avec 1 heure d’avance on est quasiment seuls! Petit moment de panique, « et si ça ratait? », mais très vite la foule afflue, comme toujours très variée, entre « anciens hippies qui ont fait Plogoff », familles avec jeunes enfants, élus locaux avec leurs écharpes tricolores, clowns du service d’ordre (qui prendront un malin plaisir à tenter de dérider les policiers derrière leurs barrières, y arrivant parfois!), DSC_4373paysans, jeunes, vieux voire très vieux, bref, de tout mais du monde, et puis l’arrivée en fanfare de l’immense triton porté par un tracteur (les tracteurs, bloqués alors qu’il était initialement prévu qu’ils accompagnent la manif, furent plus de 500, au grand plaisir des organisateurs qui en attendaient 2 fois moins). Nous on prend notre temps, la manif est partie depuis longtemps (13h officiellement) mais à 14h30 on est toujours sur place, serrés comme des sardines au milieu des mimosas en fleur portés par un obscur mais rigolard « commando bosquet ». DSC_4505Quand on décolle, en queue de cortège, autour d’une batuk, l’ambiance est toujours excellente, et on se sent assez excités (avouons le!) par les 1ers signes de « débordements »: tags ciblés, le plus souvent avec de beaux textes ou dessins), 1ers CRS repeints, quelques vitrines repeintes aussi, mais la plupart du temps quand il s’agissait de banques (oui, c’est plaisant de voir une vilaine pub pour un « crédit à 2,5 % »  dans la vitrine d’une banque barré d’un « anticapitaliste »), ou de symboles de « Nantes métropole », rebaptisé en « Nantes nécropole ») et bien sur, la vitrine de l’agence de Vinci, elle pour le coup totalement dévastée, l’intérieur totalement détruit. À ce sujet comment ne pas s’étonner que ce symbole absolu de la lutte contre l’aéroport n’ait pas été mieux protégé, voire caché par des tôles, alors que des hordes de CRS empêchaient à quelques dizaines de mètre l’accés au « centre interdit »? Plus loin, on arrive sur une grosse zone de travaux, avec des futures constructions d’appartements hideux prétextes à l' »ouverture bientôt ici de 15 magasins », une zone d’où toute humanité semble déjà bannie au seul profit du commerce mondialisé (Zara? Sephora? SFR?). DSC_4503 Là encore les tags « réapproprions nous nos vies » redonnent le sourire et l’envie de croire que c’est possible… Sentiments partagés par contre quand on croise une immense foreuse en feu (appartenant à Vinci, et là encore, outre le fait qu’on s’aperçoit s’il en était besoin qu’ils sont partout, comment se fait il que ces engins n’aient pas été déplacés plus loin, alors qu’à Quimper, lors des manifs des « bonnets rouges », la municipalité avait les jours précédents démonté tout ce qui risquait d’être détruit!).DSC_4518 Le nuage noir (pneus…) qui s’élève me fait penser que voilà encore un bel argument qu’on pourra retourner à « ces écolos qui font brûler des pneus ». Mais très vite on est pris, de loin, dans les 1ers affrontements, avec des images impressionnantes des canons à eau du véhicule policier vu le matin , des gars (et plein de filles aussi!) cagoulés ou non qui balancent des pavés ou des carottes, le bruit des grenades assourdissantes, la suffocation des lacrymo, mais ça, vous l’avez déjà vu dans les médias, puisqu’à les en croire, c’est presque tout ce qu’il y aurait à retenir de cette journée…

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À ce propos je vois en gros 3 catégories de participants à cette manif:
-l’immense majorité de manifestants habituels opposants au projet, paysans, familles, jeunes, vieux, écolos ou pas, mais tous non violents, estimés à la grosse louche à 99 % du public.

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Note: l’incroyable Hulk n’existe pas, et l’écartement de ces « barreaux » n’était que symbolique…

Les zadistes, ceux qui depuis le début occupent le terrain à NDdL, ont construit les cabanes, ont mis en place ces lieux auto gérés qu’on a pu voir quand on y est allé, en août dernier en particulier, et où certains des béarnais ont séjourné, plus ou moins longtemps. Eux étaient dans la même logique que sur la ZAD: résister.
Depuis les 1ères occupations ils sont confrontés aux expulsions, à la violence policière et gendarmesque, et ils ont mis au point un dispositif défensif impressionnant (chicanes, barricades, fossés…) afin d’empécher le début des travaux, les carrotages etc… Ils ont usé de la « violence » aussi, quand les mêmes affrontements qu’à Nantes se sont produits sur la ZAD, mais avec beaucoup moins de témoins bien sur. La violence était alors des 2 cotés, on l’a bien vu sur les nombreuses vidéos qui circulent sur le net. À Nantes, leurs actions, celles qu’on a vu en tout cas, étaient très ciblées « politiquement », les tags la plupart du temps intelligents, argumentés, humoristiques, et les destructions ont alors concerné soit les symboles de l’état (ce qu’on peut bien sur contester!), soit des vitrines typées « Nantes métropole », soit des symboles de la société ultra-capitaliste comme les banques, la boutique de Vinci bien sur, j’oserais dire « naturellement », le nouveau quartier commercial en construction, etc… Qu’ils aient ensuite balancé des pavés sur les GM et CRS et incendié quelques engins de chantier était alors la suite logique de leur résistance quotidienne sur la ZAD. N’oublions pas non plus que c’est en grande partie grâce à ces « bras armés » de l’opposition au projet que celui ci n’a toujours pas démarré et que le gouvernement est si embourbé dans cette affaire, que même Vinci (voir le dernier Politis, avec un excellent dossier sur le groupe) abandonnerait volontiers tellement ça lui donne une mauvaise image.

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-Et ensuite, les quelques personnes venues semble-t-il de plusieurs pays d’Europe (black blocks et autres) pour mener une guérilla urbaine qui a débouché sur ce qu’on sait (dégradations aveugles, habitants traumatisés à juste titre, abribus explosés, etc…) et rien d’autre. Peu importe que ces gens soient d' »extrême gauche » , d’extrême droite (car eux aussi étaient là, ainsi bien sur que les « faux casseurs » que certains ont vu dés le matin se faire brieffer par la police…) ou d’extrème-rien, ils étaient venus pour tout péter, du flic, de l’ordre, de l’état, du privé, du public, peu importait.

Alors bien sur, au plus fort des combats (qui n’ont pas été rappelons le si proches de la guerilla urbaine que ce qu’en ont dépeint les médias dominants, il suffit de voir le nombre de blessés, très faible, et de condamnations, dérisoires semble-t-il) il était impossible de distinguer les 2èmes des 3èmes, pourtant cette distinction me semble importante à souligner.

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Bref, notre petit groupe s’était alors séparé, puis retrouvé dans le café du matin, place de la petite Hollande (!). Les « tracteurs vigilants » sont garés là, en face de nous, en un nombre impressionnant et quand ils repartent, l’un après l’autre, leurs conducteurs sont  chaleureusement applaudis par la foule aux terrasses…

Dans l’ensemble je garderai un excellent souvenir de cette journée, tempéré comme je l’ai dit par les « débordements excessifs » (des pneus en flamme ne peuvent faire plaisir qu’à ceux qui y ont mis le feu, moi je trouve ça vraiment moche, inutile et contre productif, qu’elles qu’en soient les « justifications »), surtout ceux, rares me semble-t-il, qui nous ont semblé vraiment gratuits (qu’on a peu constaté de visu).

J’en garderai aussi la conviction encore plus évidente que la violence la plus grande, la plus forte, la plus à combattre, se trouve dans ces volontés folles de mégalopoles en compétition les unes avec les autres, dans  cette course effrénée au profit, au prestige de quelques uns au mépris de tous les autres, au saccage du peu qu’il nous reste de beau, de préservé, à la folie destructrice dans laquelle nous mène cette société d’ultra-consommation.

Aux « ici bientôt 15 boutiques » et aux « hubs internationaux » nous résisterons ensemble et toujours, quels que soient les moyens que nous devrons employer.

Juste au moment de publier ça, j’apprends aux infos que le président de la région, l’ineffable J. Auxiette, a écrit à notre petit Hollande pour lui demander l’expulsion définitive des habitantEs de la ZAD…

Texte et photos: FM

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Manif de Nantes: en attendant nos commentaires…

… d’ici la fin de la semaine, regardez si vous ne l’avez déjà fait l’EXCELLENT documentaire « le tarmac est dans le prè » diffusé sur France 3 pays de la loire en octobre 2013. Tout y est, sauf évidemment la dernière manif, plus gros rassemblement que Nantes ait connu depuis le début du projet…

 

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