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Nantes: impressions d’après

Comme vous y êtes habituéEs, voici un compte rendu « personnel qui n’engage que moi » après le retour sans encombre des 21 BéarnaisEs partiEs (un record! Le bus affrété par nos amis de Comminges et Tarbes n’a pas suffi, et il nous a fallu louer un véhicule supplémentaire. Nous avons reçu aussi 220€ de dons de soutien de personnes qui ne pouvaient venir, merci à elles!).

Tous les commentaires sont bienvenus!

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Arrivés très tôt le matin à Nantes, nous nous dirigeons tranquillement vers le lieu de départ de la manif, remarquant à mesure qu’on approche une présence policière de plus en plus évidente, avec des barrières anti émeutes (mais pas partout, bizarre non?) censées circonscrire le « centre interdit » (annonce faite la veille, sympa pour l’organisation du service d’ordre), et le véhicule blindé avec son canon à eau bien en évidence aussi. Arrivés avec 1 heure d’avance on est quasiment seuls! Petit moment de panique, « et si ça ratait? », mais très vite la foule afflue, comme toujours très variée, entre « anciens hippies qui ont fait Plogoff », familles avec jeunes enfants, élus locaux avec leurs écharpes tricolores, clowns du service d’ordre (qui prendront un malin plaisir à tenter de dérider les policiers derrière leurs barrières, y arrivant parfois!), DSC_4373paysans, jeunes, vieux voire très vieux, bref, de tout mais du monde, et puis l’arrivée en fanfare de l’immense triton porté par un tracteur (les tracteurs, bloqués alors qu’il était initialement prévu qu’ils accompagnent la manif, furent plus de 500, au grand plaisir des organisateurs qui en attendaient 2 fois moins). Nous on prend notre temps, la manif est partie depuis longtemps (13h officiellement) mais à 14h30 on est toujours sur place, serrés comme des sardines au milieu des mimosas en fleur portés par un obscur mais rigolard « commando bosquet ». DSC_4505Quand on décolle, en queue de cortège, autour d’une batuk, l’ambiance est toujours excellente, et on se sent assez excités (avouons le!) par les 1ers signes de « débordements »: tags ciblés, le plus souvent avec de beaux textes ou dessins), 1ers CRS repeints, quelques vitrines repeintes aussi, mais la plupart du temps quand il s’agissait de banques (oui, c’est plaisant de voir une vilaine pub pour un « crédit à 2,5 % »  dans la vitrine d’une banque barré d’un « anticapitaliste »), ou de symboles de « Nantes métropole », rebaptisé en « Nantes nécropole ») et bien sur, la vitrine de l’agence de Vinci, elle pour le coup totalement dévastée, l’intérieur totalement détruit. À ce sujet comment ne pas s’étonner que ce symbole absolu de la lutte contre l’aéroport n’ait pas été mieux protégé, voire caché par des tôles, alors que des hordes de CRS empêchaient à quelques dizaines de mètre l’accés au « centre interdit »? Plus loin, on arrive sur une grosse zone de travaux, avec des futures constructions d’appartements hideux prétextes à l' »ouverture bientôt ici de 15 magasins », une zone d’où toute humanité semble déjà bannie au seul profit du commerce mondialisé (Zara? Sephora? SFR?). DSC_4503 Là encore les tags « réapproprions nous nos vies » redonnent le sourire et l’envie de croire que c’est possible… Sentiments partagés par contre quand on croise une immense foreuse en feu (appartenant à Vinci, et là encore, outre le fait qu’on s’aperçoit s’il en était besoin qu’ils sont partout, comment se fait il que ces engins n’aient pas été déplacés plus loin, alors qu’à Quimper, lors des manifs des « bonnets rouges », la municipalité avait les jours précédents démonté tout ce qui risquait d’être détruit!).DSC_4518 Le nuage noir (pneus…) qui s’élève me fait penser que voilà encore un bel argument qu’on pourra retourner à « ces écolos qui font brûler des pneus ». Mais très vite on est pris, de loin, dans les 1ers affrontements, avec des images impressionnantes des canons à eau du véhicule policier vu le matin , des gars (et plein de filles aussi!) cagoulés ou non qui balancent des pavés ou des carottes, le bruit des grenades assourdissantes, la suffocation des lacrymo, mais ça, vous l’avez déjà vu dans les médias, puisqu’à les en croire, c’est presque tout ce qu’il y aurait à retenir de cette journée…

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À ce propos je vois en gros 3 catégories de participants à cette manif:
-l’immense majorité de manifestants habituels opposants au projet, paysans, familles, jeunes, vieux, écolos ou pas, mais tous non violents, estimés à la grosse louche à 99 % du public.

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Note: l’incroyable Hulk n’existe pas, et l’écartement de ces « barreaux » n’était que symbolique…

Les zadistes, ceux qui depuis le début occupent le terrain à NDdL, ont construit les cabanes, ont mis en place ces lieux auto gérés qu’on a pu voir quand on y est allé, en août dernier en particulier, et où certains des béarnais ont séjourné, plus ou moins longtemps. Eux étaient dans la même logique que sur la ZAD: résister.
Depuis les 1ères occupations ils sont confrontés aux expulsions, à la violence policière et gendarmesque, et ils ont mis au point un dispositif défensif impressionnant (chicanes, barricades, fossés…) afin d’empécher le début des travaux, les carrotages etc… Ils ont usé de la « violence » aussi, quand les mêmes affrontements qu’à Nantes se sont produits sur la ZAD, mais avec beaucoup moins de témoins bien sur. La violence était alors des 2 cotés, on l’a bien vu sur les nombreuses vidéos qui circulent sur le net. À Nantes, leurs actions, celles qu’on a vu en tout cas, étaient très ciblées « politiquement », les tags la plupart du temps intelligents, argumentés, humoristiques, et les destructions ont alors concerné soit les symboles de l’état (ce qu’on peut bien sur contester!), soit des vitrines typées « Nantes métropole », soit des symboles de la société ultra-capitaliste comme les banques, la boutique de Vinci bien sur, j’oserais dire « naturellement », le nouveau quartier commercial en construction, etc… Qu’ils aient ensuite balancé des pavés sur les GM et CRS et incendié quelques engins de chantier était alors la suite logique de leur résistance quotidienne sur la ZAD. N’oublions pas non plus que c’est en grande partie grâce à ces « bras armés » de l’opposition au projet que celui ci n’a toujours pas démarré et que le gouvernement est si embourbé dans cette affaire, que même Vinci (voir le dernier Politis, avec un excellent dossier sur le groupe) abandonnerait volontiers tellement ça lui donne une mauvaise image.

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-Et ensuite, les quelques personnes venues semble-t-il de plusieurs pays d’Europe (black blocks et autres) pour mener une guérilla urbaine qui a débouché sur ce qu’on sait (dégradations aveugles, habitants traumatisés à juste titre, abribus explosés, etc…) et rien d’autre. Peu importe que ces gens soient d' »extrême gauche » , d’extrême droite (car eux aussi étaient là, ainsi bien sur que les « faux casseurs » que certains ont vu dés le matin se faire brieffer par la police…) ou d’extrème-rien, ils étaient venus pour tout péter, du flic, de l’ordre, de l’état, du privé, du public, peu importait.

Alors bien sur, au plus fort des combats (qui n’ont pas été rappelons le si proches de la guerilla urbaine que ce qu’en ont dépeint les médias dominants, il suffit de voir le nombre de blessés, très faible, et de condamnations, dérisoires semble-t-il) il était impossible de distinguer les 2èmes des 3èmes, pourtant cette distinction me semble importante à souligner.

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Bref, notre petit groupe s’était alors séparé, puis retrouvé dans le café du matin, place de la petite Hollande (!). Les « tracteurs vigilants » sont garés là, en face de nous, en un nombre impressionnant et quand ils repartent, l’un après l’autre, leurs conducteurs sont  chaleureusement applaudis par la foule aux terrasses…

Dans l’ensemble je garderai un excellent souvenir de cette journée, tempéré comme je l’ai dit par les « débordements excessifs » (des pneus en flamme ne peuvent faire plaisir qu’à ceux qui y ont mis le feu, moi je trouve ça vraiment moche, inutile et contre productif, qu’elles qu’en soient les « justifications »), surtout ceux, rares me semble-t-il, qui nous ont semblé vraiment gratuits (qu’on a peu constaté de visu).

J’en garderai aussi la conviction encore plus évidente que la violence la plus grande, la plus forte, la plus à combattre, se trouve dans ces volontés folles de mégalopoles en compétition les unes avec les autres, dans  cette course effrénée au profit, au prestige de quelques uns au mépris de tous les autres, au saccage du peu qu’il nous reste de beau, de préservé, à la folie destructrice dans laquelle nous mène cette société d’ultra-consommation.

Aux « ici bientôt 15 boutiques » et aux « hubs internationaux » nous résisterons ensemble et toujours, quels que soient les moyens que nous devrons employer.

Juste au moment de publier ça, j’apprends aux infos que le président de la région, l’ineffable J. Auxiette, a écrit à notre petit Hollande pour lui demander l’expulsion définitive des habitantEs de la ZAD…

Texte et photos: FM

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Des Béarnais chez les tritons crétés

Un groupe de béarnais s’est rendu à Notre Dame des Landes du 3 au 6 août derniers pour participer au grand rassemblement estival traditionnel, mais qui cette année avait des allures impressionnantes (plus de 40000 visiteurs pendant le ouikende). Nous n’étions bien entendu pas les seuls sur place, et nous avons rencontré des Toulousains, des Basques, et nous savons que d’autres Béarnais étaient là bas aussi. Vos commentaires sont bienvenus!

Vous trouverez en cliquant sur les liens 2 textes: un témoignage de ce qui s’est passé là bas pour nous, et  le résumé d’une des nombreuses conférences et débats qui ont émaillé cet excellent ouikende festif et militant, conférence dont le sujet, vous le verrez, nous concerne également, entre Pau et Oloron, et sur lequel il serait bon qu’on interpelle plus souvent nos zélus. Les photos ont été également prises pendant ce ouikende.

Bonne lecture!

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Béarnais et tritons crétés

3è virée à NddL pour les béarnais, 1ère ou 2è pour certains, plus pour d’autres qui, seuls, sont déjà venus passer quelques jours ou semaines sur ce haut lieu emblématique de la lutte contre l’aménagement d’un territoire appelé à devenir un aéroport international HQE, censé garantir un développement économique qui fait fi de l’histoire de ses habitants et de l’avenir.

Pourquoi sommes nous partis ? Pour participer à un festival de musique, qui a rassemblé des artistes (Bernard Lubat, Sanseverino, Tryo, Gnawa diffusion, Parabellum,…) venus jouer totalement gratuitement pour soutenir la lutte ? Pour faire la fête ? Pour soutenir une lutte qui, au delà de nos frontières locales, nous concerne aussi ? À la recherche d’un moment de convivialité, parenthèse temporaire à notre quotidien ? À la recherche de rencontres avec des gens, paysans, squatteurs, habitants, qui depuis des années refusent le monde que nos décideurs nous décrivent comme inéluctable ? Pour y glaner idées et motivation pour mener à notre tour le combat ? Tout ça, bien sur, et plus sans doute.

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Que retenir de ces 4 jours passés dans la lande de NddL ? Il y a tant que je vais devoir m’astreindre à une liste désordonnée, une description chronologique n’ayant évidemment aucun intérêt…

-Une ballade à vélo au petit matin (vélos prêtés par des voisins de camping) vers « le port », étang sauvage dont la petite île centrale a accueilli la cabane d’un des occupants de la ZAD, obligeant les gardes mobiles à sortir les canots pour la détruire (ce qu’ils n’ont pas encore fait), un étang entouré d’autres cabanes dont une sur 2 étages, avec cette architecture foutraque et pourtant solide des constructions du lieu, entouré aussi de cultures de légumes aussi courageux que les personnes qui les ont semés pour survivre et pousser dans cette terre pauvre de landes. Au même endroit, un puits creusé à la main jusqu’à trouver la nappe phréatique (à 3 mètres de profondeur, quand même).

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-plusieurs ballades sur la D281, la « route qui n’existait pas », puisqu’elle a été fermée à la circulation par la préfecture après les heurts violents qui ont opposés gardes mobiles et résistants cet hiver. Parsemée de chicanes baroques, tours de gué, montagnes de construction diverses destinées à freiner l’avancée gendarmesque, voitures renversées, slogans divers, entre le contestable « un flic, une balle », et les plus accueillants et ironiques « bienvenue sur la ZAD », cette route de quelques kilomètres est déjà un témoignage d’histoire .

-une visite en bétaillère (« bèèèè », chantaient les quelques 80 visiteurs) de la ZAD, et des rencontres avec des paysans de la ferme de Bellevue, résistante aux expulsions, et du Liminbout, où les exploitants nous ont raconté leur lutte pour préserver leur outil de travail. Une visite à pied aussi de la lande, et les explications d’un botaniste insistant sur la désormais rareté de ce type de landes pauvre où habitent des espèces animales et végétales menacées, rareté paradoxalement préservée grâce au classement de la zone en Zone d’Aménagement Différé qui empêcha dans les années 70 et 80 tout remembrement de ce bocage et de cette lande humide, richesse écologique unique en France.

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-une farandole géante lancée par l’extraordinaire groupe vocal marseillais «Lo cor de la plana », qui a retourné le public avec ses chants de lutte en occitan, formidable moment humain où punks à crêtes, mamies, vacanciers, enfants, se lançaient sourires, baisers, mots doux, mains dans la main et sourire vissé aux lèvres.

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-des conférences et débats sous les différents podiums, rassemblant la plupart du temps énormément de participants, preuve s’il en était besoin que les personnes présentes étaient venues, comme nous, chercher de la ressource !

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-une organisation comme d’habitude exemplaire, avec des bénévoles, parfois pas assez nombreux, mais qui ont arpenté le terrain tout le ouikende, accueillant les milliers de visiteurs sur les parkings, les buvettes, les lieux de restauration.

-un sentiment de bienveillance général sur le site du festival et du camping, malgré les litres d’alcool bus avec un excès certain, une habitude sans doute malheureusement trop répandue dans les festivals de musique, et malgré ça des rencontres partout, des discussions, des joueurs de bouzoukis venus s’inviter sur notre campement, un ex motard accidenté qui a décidé de visiter, à vélo, les 36000 communes de France, agenda avec tampons municipaux à l’appui, des jeunes venus d’Alsace vendant des crêpes et faisant de la musique pour rapporter des sous à leur projet de maraîchage collectif.

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-une fin d’après midi à la ferme des « fosses noires » passée à chanter et boire du coulis de tomate maison, avant de repartir au camping avec un excellent pain tout chaud sorti du four construit par les occupants et des légumes cultivés sur place, le tout à « prix libre ».

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-un festival off où certains béarnais retrouvèrent par hasard un certain Indien de la vallée d’Aspe et sa guitare appelant à l’externalisation des ZAD (Zones à défendre), en particulier dans le coin entre Oloron et Pau, où un autre projet pharaonique archaïque nous pend au nez… et qui corrobore le résumé qu’a fait Marc de ces pitoyables tentatives des nos élus pour faire de « leur » ville un semblant de métropole tourné vers la compétition, l’élitisme, l’accueil des affairistes internationaux, des « pôles de compétitivité », le commerce de tout et n’importe quoi, en foulant aux pieds toute vision à long terme et toute réponse aux besoins réels de la population. Il faudra s’y faire (vraiment?), nos métropoles sont devenues des entreprises qui doivent être rentables, et qui doivent grossir toujours plus, par exemple en englobant les villes voisines par des zones commerciales interminables ou des liaisons rapides dans un seul but : gagner la « bataille de la compétitivité ».

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Contre cette « logique inéluctable » court-termiste défendue par nos décideurs de tous poils, roses, bleus ou « sans étiquette », d’autres projets fleurissent heureusement, des habitants se révoltent, des propositions alternatives se multiplient, dans un esprit d’invention, de contestation et de lutte, à NddL comme en Béarn.

La ZAD est partout !

Fran

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La métropolisation: une tendance « début de siècle »…

Les 2 principaux arguments matraqués par les promoteurs des GPII sont leur utilité et l’emploi. Concernant la soit disant utilité, j’ai assisté à 2 conférences de géographes sur la MÉTROPOLISATION, en voici une courte synthèse…

Une métropole, c’est une ville qui correspond à certains critères, entre autre la taille : + d’un million d’habitants (pour info Nantes c’est moins de 500 000).
Depuis les années 1970, un phénomène d’exode urbain commence à apparaître (c’est la 1ère fois en occident depuis l’effondrement de l’empire Romain). Ceci à plusieurs niveau : on quitte les centres villes pour les périphérie, on quitte la moitié nord-est de la France (urbanisée et industrielle) pour la moitié sud-ouest (moins urbanisée), on quitte les pays « développés » pour ceux « en développement » (pour les cadres sups et les capitaux). Le solde migratoire des grandes villes Française est négatif depuis plusieurs années (plus de gens partent ou meurent qu’arrivent ou naissent). Ce sont les petites villes qui se développent le plus, la vraie campagne continuant à se désertifier.

La métropolisation, transformation de grandes villes en métropoles par grignotage des campagnes et annexion des petites villes voisines, n’est donc pas en Europe un phénomène « naturel », mais une volonté des pouvoirs publics. Cette métropolisation passe par la construction d’infrastructures censées attirer entreprises, dirigeants et travailleurs diplômés. Les métropoles se mettent en réseau via des aéroports et des LGV qui isolent encore plus les campagnes ; les métropoles se désintéressent de leurs périphéries. Le développement de Paris a été relancé (projet du « Grand Paris »).
Il faut noter que pendant les 30 glorieuses, la volonté était inverse : il y avait un vrai effort de rééquilibrage (aide aux petites et moyennes villes), ce temps est révolu.

Pourquoi métropoliser maintenant ? Les territoires sont en concurrence les uns contres les autres. Nos élites libérales n’envisagent de tirer leur épingle du jeu qu’en grossissant. Cette course à l’échalote était plus ou moins logique jusqu’à la fin du 20ème siècle. Actuellement chez nous, avec les réseaux de communication dématérialisés et le remplacement de l’industrie par le numérique, cette course au plus gros n’as plus lieu d’être. Et même si elle avait gardé une logique, elle serait perdu d’avance puisque qu’une ville moyenne en chine à plusieurs millions d’habitants. Est-ce que ce n’est pas plutôt l’originalité qui peut permettre à une ville d’être attrayante et dynamique ?

Logique ou stupide, cette métropolisation à des effets sociaux réels : Pour la 1ère fois de l’histoire occidentale, les classes populaires sont chassées des lieux de production de richesses (puisqu’on ne produit plus avec de la main d’oeuvre mais avec des machines et des achats de production délocalisées). Les zones rurales deviennent dépendantes, en terme d’emploi, de la métropole voisine et sont plus durement touchées par la crise.
Les villes sont gérées comme des entreprises et de plus en plus de décideurs ne sont pas élus. Les communes qui auraient pu développer des alternatives sont absorbées dans des communauté de commune ou agglomération qui restent de part leur taille dans la logique dominante.

Marc

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CR de la réunion inter comités à NDdL le 12 mai.

Bonjour à toutes et à tous

J’ai participé à la 1ère moitié de la réu inter-comités locaux qui c’est tenue dimanche à La Paquelaie (mon covoit décollait à 12H30).

Point sur la lutte sur la ZAD et autour :

L’événement « Sèmes ta Zad » en avril a été l’occasion de réflexions sur l’utilisation des terres agricoles pour l’après victoire et a permis le démarrage de projets agricoles concrets, notamment en maraichage.

L’occupation militaire de la ZAD c’est terminée en avril après quelques altercations Zadistes/militaires dans les jours qui ont suivit « Sèmes ta Zad ». Les militaires sont pourtant toujours présents, dans les hôtels des patelins autour. Leur recul change l’ambiance sur la ZAD. D’une part les déplacements sont plus faciles et d’autre part des tensions, jusque là latentes du fait que les groupes était séparés par les militaires et avaient donc peu de contact entre eux, peuvent s’exprimer maintenant. Les croisements de la Zad sont devenus des places de village ou les discussions sont nombreuses. Le replis des militaires est donc peut-être plus un changement de stratégie qu’un affaiblissement des pro-aéroports.

Pendant l’hiver plein de cabanes ont été construites et plus personnes ne connait leur nombre, qui doit être entre 200 et 400. Certaines sont des lieux collectifs très vivants.

Le lieu La Chataigne, très actif il y a quelques mois et pourvu de nombreuses cabanes, est peu actif et peu habité actuellement. Il y a donc de la place pour ceux qui veulent y passer quelques jours ou quelques mois.

Idem pour la ferme Bellevue, reprise par le collectif COPAIN (ACIPA, Conf, Civam, etc) dès le départ du fermier qui a accepté l’expropriation. Quelques jeunes se sont installé et du matériel et des animaux ont été donné par les paysans des alentours. Il y a plus de 110 ha a faire vivre, donc les bonnes volontés sont bienvenues là aussi.

Il y a toujours une manifestation à Nantes tous les derniers samedi du mois.

Coté juridique, la lutte est très active et porteuse de bonnes nouvelles. Un collectif de juristes travaille sur de multiples dossiers. Il y a encore 15 recours en cours contre les expulsions, dont 4 gagnables, l’objectif est de gagner du temps, on peu tabler actuellement sur 24 à 36 mois de répis. La demande d’abrogation de la DUP (déclaration d’utilité publique) avance. Un recours auprès de l’UE est bien engagé car le gouvernement français a violé plusieurs lois relative à l’écologie, notamment concernant l’eau et la préservation des zones humides. Vinci est mal parti sur le volet écologique de cette affaire et les magistrats accueillent favorablement les recours car le fait d’être contourné par les politiques les énerve.

Discussion avec les comités du sud-ouest :

Le slogan « Contre l’aéroport et son monde » revient souvent. Dans beaucoup d’endroit, l’ajout de « et son monde » fait débat voire amène à un véritable clivage comme chez nous avec l’association CODE Béarn qui à refusé en AG la création d’une commission GPII sensée réfléchir à cet aspect du problème. Ceux qui veulent minimiser voire occulter le « et son monde » sont souvent aux commandes des associations et collectifs, ceux qui veulent mettre en avant cet aspect sont plutôt des électrons libres ou des groupes moins organisés, ce qui ne veut pas dire qu’ils sont moins nombreux.

D’autres ZAD se créées (ou essaient) à d’autres endroits (Toulouse, Nice) sur des lieux menacés par d’autres GPII.

Outils inter-comités et actions à mener :

Les 2 listes de discussions (ACIPA et ZAD) vont être regroupées en une seule. Il serait bon qu’une personne du collectif Béarn soit inscrit sur cette nouvelle liste.

Des actions décentralisées et coordonnées ont eu lieu (péage gratuit) et d’autres vont suivre.

Prochaine action nationale : les 3 et 4 aout sur la ZAD de NDDL.

Les comités locaux doivent se tenir prêt en cas d’intervention surprise des militaires, néanmoins peu probable actuellement.

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La journée du 11 mai vue par un béarnais…

Départ de Pau à minuit, après avoir retrouvé le bus de St Gaudens via Tarbes. Dans les soutes, quelques vélos, on ne sait jamais, connaissant l’étendue de la ZAD et la longueur de la chaîne (25 km), on pourrait avoir besoin de se déplacer rapidement.

Ambiance fébrile à bord, entre tentatives de sommeil et discussions à n’en plus finir («chut!»). Nous arrivons à 8h30 dans le bourg de NDdL encore endormi. Accueillis par les bénévoles de l’ACIPA bien sur, mais aussi un accordéoniste de Beauvais (arrivé en bus lui aussi) qui entonne une sorte de chant liturgique vite repris par tous: «Notre-Dame des Landes n’a pas besoin d’avions, pour venir faire son apparition»!

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Puis c’est notre citoyen-poète Léon qui entonne un petit air connu («Voici le mois de mai») avec paroles adaptées à la journée bien sur(«quand on arrivera on se donn’ra la main pour dire à nos copains de Notre Dame des Landes, qu’on les aime bien, et qu’on les soutient»!). Mais bien vite, et après un arrêt au local de l’ACIPA (achat de T-shirts, autocollants, documents divers, comme «désintox: NDdL, ou les bobards du PS»), nous nous dirigeons vers les Ardinières, où le début (et la fin!) de la chaîne sont marqués d’un gros point sur la route. L’organisation est comme toujours parfaite, avec des indications à chaque carrefour des différents accés, parkings etc…, des plans de la ZAD, des bénévoles en très grand nombre. DSC_7249Ici on est loin de l’amateurisme et comme tout se passe bien on apprécie d’autant plus la gentillesse de tous. Plusieurs personnes sont épatées qu’on vienne de si loin pour eux! Après avoir «pris nos marques», et comme il nous reste beaucoup de temps avant 14 heures, notre petit groupe décide d’aller marcher un peu, histoire de visiter les «lieux emblématiques». Comme on est à pied et que les distances, ici, sont «aéroportuaires», on met 30 minutes à rejoindre «la vache rit», QG de la résistance, située en plein sur la future piste Nord de l’aéroport, où le 17 novembre des centaines de manifestants occupaient le grand hangar pour manger un morceau et discuter. Aujourd’hui, bien peu de monde à «la vache rit». Il est vrai que la ferme n’est pas sur le trajet de la chaîne. Seuls 3 zadistes sont là, prenant leur petit dèj’, et on en profite pour discuter un peu avec eux en partageant un morceau de fromage de brebis béarnais. DSC_7254Ils nous conseillent d’aller à «la chat teigne», où des maisons ont été construites le 17 novembre après les destructions policières. En sortant, on voit une magnifique maison mobile en bois. L’avant, arrondi, fait penser à la proue d’un navire. DSC_7252On est très loin du «salon du mobile home» en plastique. 30 minutes de plus et nous voilà à «la chat teigne», juste en bordure du bois de Rohanne, célèbre depuis que les gardes mobiles en ont délogé les occupantEs et cassé leurs cabanes perchées dans les arbres. Depuis la forêt n’a pas été réoccupée, car les différentes interventions policières se sont soldées par de nombreux arbres détruits, et le terrain défoncé par les roues des engins. Une pancarte «forêt fragile» en déconseille désormais l’accès.DSC_7264DSC_7263

En route vers «la chat teigne», on traverse une curieuse cépée de châtaigniers en taillis, le sol est gorgé d’eau, boueux, et on imagine sans peine la difficulté qu’il y a du y avoir à passer l’hiver ici. Les occupants ont du construire un chemin en bois sur pilotis pour y accéder! Sur place, ambiance détendue. Les cabanes sont toujours là, ça ressemble un peu à une place de village destroy, une espèce de remake d’un western où le duel final laisse le méchant étendu le nez dans la boue. Il y a même quelques indiens enveloppés dans des couvertures, des gens perchés sur le toit et buvant une bière. DSC_7271Mais il est temps de retourner aux Ardinières pour la chaîne. Surprise! Alors qu’on était encore peu nombreux tout à l’heure, la foule est maintenant impressionnante, en particulier au carrefour, où la roulotte en bois, amenée depuis « la vache rit » dépasse de la foule, encore plus semblable à un navire sur une marée humaine… Vite, tout le monde en place! La photo aérienne est prévue entre 14 et 15h, et il faut que la chaîne soit la plus régulière possible! De fait, l’ambiance est excellente, avec notre accordéoniste du matin qui reprend des chansons de Fréhel, une fanfare endiablée, un sympathique groupe acoustique anti-nucléaire, des gens qui dansent, d’autres allongés sur la route, une chorale. Je prends le vélo qu’on a apporté, et file le long de la chaîne jusqu’au bourg de Notre-Dame (2 km). Partout la chaîne est compacte, avec parfois des nœuds plus importants qui me font poser pied à terre, d’autre plus lâches, mais là c’est par manque de discipline: les gens sont assis dans l’herbe et à l’ombre! Et à plein d’endroits (comme sur la photo), la chaîne est… double, telle une hélice d’ADN qui penserait… Une fille seins nus agite un drapeau pacifiste à destination des hélicoptères (gendarmerie? médias? les 2!) au milieu d’un champs. On me demande sur la route «alors? On est nombreux?» «Ouiiii!» Quand l’ulm de l’ACIPA nous survole tout le monde crie, agite les mains. Chouette moment!DSC_7314DSC_7320

La chaîne commence alors à se défaire, et les gens se dirigent peu à peu vers «les Planchettes», où doit se poursuivre la soirée. Un immense champs nous accueille, avec 5 chapiteaux, 4 buvettes énormes, une expo des pancartes des différents comités de soutien, le «mur de photo» (les milliers de personnes qui ont accepté de poser à visage découvert avec une affiche «je dis non à l’aéroport… et vous?»), des stands de nourriture (tartines bio, galettes, plats complets etc… tout ça préparé par des restos locaux, des bénévoles, des producteurs locaux, le plus souvent avec « prix libre »). Des enfants courent partout, jouent au foot. Tout le monde a l’air heureux d’être là, fatigués pour certains (nous!) mais heureux! DSC_7371Repos dans l’herbe, dégustation des excellentes bières bretonnes proposées aux buvettes, avant que les haut parleurs des podiums se mettent en marche pour une soirée très musicale et variée (rock rageur, chanson espagnole, fest-noz,…). Vers 21h30 la fatigue et le froid nous rattrapent. On décide de nous diriger lentement vers le lieu de rendez vous. On prend un chemin de traverse à peu près sec, accompagnés par quelques personnes qui cherchent aussi leur route. En pleine forêt, un sentier sur la gauche mène à une cabane, précaire comme toutes les installations sauvages ici (il faut dire qu’ elles avaient, jusqu’à la décision du préfét d’éloigner les forces gendarmesques, une durée de vie en général très limitée). Un panneau «bienvenue» à l’entrée du chemin montre s’il en était besoin qu’on est très loin des «attention, chien méchant» de nos zones pavillonaires… Mais il est trop tard pour aller voir jusqu’à quel point l’accueil est là, alors on continue à marcher, la nuit tombant, dans ce magnifique paysage bocager, petites parcelles, magnifiques haies d’essences variées (charmes, chênes surtout, ajoncs, vestiges piquants d’un temps où le barbelé n’existait pas). Rien de spectaculaire, non, juste l’expression d’une nature, façonnée par l’Homme, mais où l’on ne sent nulle part la volonté de dominer ou d’écraser, mais bien plutôt de composer avec elle. Vinci et les élus locaux n’ont pas tout à fait la même vision des choses…

En arrivant au carrefour des Ardinières, à 2km du village de ND, on est passablement crevés, mais on est accueilli par de discrètes loupiotes et la guitare de Clapton. C’est un petit rade improvisé, 4 montants, 1 tôle en guise de toit, 1 table et 5 tabourets, un cubi de blanc, du thé chaud, des gâteaux, du jus de pomme au menu. Ce sont les habitants de la maison qui donne sur le carrefour qui ont monté ça. Ils se sont relayés toute la journée pour soutenir, et ce soir c’est leur fils et sa sœur, avec Tonton et Tatie, qui ont pris le relais. Ils nous racontent combien la présence policière a été pesante, puisqu’ils avaient une caravane tout près, et que les « forces de l’ordre » (avant on les appelait « gardiens de la paix », nuance !) ne se gênaient pas pour faire claquer les portes, parler bien fort, bien faire comprendre à tous qu’ils étaient là et qu’il n’y avait rien à dire. Ce genre de témoignage est fréquent, et les tracasseries en tout genre ont été nombreuses les mois précédents: clôtures ouvertes et bétail échappé, intimidations, contrôles à répétition, etc… Maintenant qu’ils sont partis, ce sont semble-t-il quelques durs de la ZAD qui tentent à leur tour d’embêter les habitants… Dommage que la fatigue (qui a bien dormi dans le bus?) ait eu raison de notre envie de poser plus de questions sur la vie de simples habitants dans la ZAD, de leur motivation à lutter, de ce qu’ils pensent de tout ça, l’aéroport, l’avion, l’alimentation, les terres agricoles… Mais nous revoici dans le bus pour le retour et une nouvelle nuit au sommeil pour le moins difficile.

Mais on est tous super heureux d’avoir participé à cet événement, d’avoir été unE parmi des dizaines de milliers à dire leur souhait d’un autre système, non prédateur, non axé sur le profit ou la gloriole électorale, leur souhait d’inventer ensemble des alternatives à la crise écologique, politique et sociale, leur refus d’une énormité d’un siècle passé, destructeur de tout ce qu’on devrait au contraire encourager, les alternatives, l’imagination, la lutte, la solidarité, la sauvegarde de ce qui existe encore et qui est beau et utile à tous.

Nous, on y retourne les 3 et 4 août, et vous ?

Texte: Berthe- Photos: FM

PS: en écrivant ce texte, je découvre que Radio Klaxon, la radio pirate qui émet sur la ZAD (à la même fréquence que « fréquence route », la radio de Vinci!), est disponible en streaming (adresse ici: http://stream.zad.nadir.org:8000/radio-klaxon.ogg.m3u, à priori elle n’émet pas 24h/24, en tout cas on peut l’écouter!). Quelqu’un lit le texte d’un auteur (je ne me rappelle plus qui), et termine en rappelant qu’il y a des tas de bouquins dans tous les lieux de vie de la ZAD, et encourage les auditeurs à lire, lire et lire encore! C’est aussi ça qui est surprenant là bas, et que seuls les personnes qui ont passé plusieurs jours ont pu apprécier vraiment, nous n’ayant pu que l’entrevoir: cette auto gestion qui fonctionne, bancale sans doute, houleuse aussi parfois, ne soyons pas angéliques, mais ça fonctionne, malgré la pression policière constante, malgré l’énorme disparité entre les différents groupes de zadistes (voir article paru dans « le canard enchaîné » sur la question), malgré les différences de point de vue sur les actions à mener et les messages à faire passer, comme le débat sur le slogan « contre l’aéroport et son monde » dont parle Marc dans son CR (ici). Malgré tout ça, les opposants ne faiblissent pas, car leur organisation tient debout, preuve s’il en était besoin qu’on peut inventer d’autres formes de démocraties…

DSC_7290nbCe qu’ont dit les médias de la chaîne humaine:

A lire :

Notre-Dame-des-Landes. Une chaîne humaine de 25 kms contre l’aéroport [vidéos] : http://www.ouest-france.fr/region/paysdelaloire_detail_-Notre-Dame-des-Landes.-Debut-de-la-chaine-humaine-contre-l-aeroport-%5Bvideos%5D_55257-2191403_actu.Htm

Notre-Dame-des-Landes: une chaîne humaine géante contre l’aéroport :

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jDgt6IYTps2wn7gsGYJ_Q484FPjw?docId=CNG.491a79cadc2b5f05acb1805dee03a9ed.4e1

Chaîne Humaine Citoyenne pour enterrer le projet d’aéroport :

http://www.presquilegazette.net/presquilegazette-net-pages/environnement/notre-dame-des-landes/reportages/chaine-humaine-citoyenne-pour-enterrer-le-projet-d-aeroport.html


Et de très nombreux nouveaux liens sur http://www.scoop.it/t/acipa

 A voir ou écouter:

 Les sujets France2 et TF1  

http://player.canalplus.fr/#/866189

 Photos : spectaculaire chaîne d’opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

http://www.metrofrance.com/info/photos-spectaculaire-chaine-d-opposants-a-l-aeroport-de-notre-dame-des-landes/mmek!RwoIYCqi2NOLA/

 

France culture Terre à terre consacrera samedi 18 mai une nouvelle émission à Notre-Dame-des-Landes : http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-notre-dame-des-landes-apres-la-chaine-humaine-2013-05-18

Chaîne humaine contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : http://www.franceinfo.fr/societe/chaine-humaine-contre-l-aeroport-de-notre-dame-des-landes-984243-2013-05-11

 

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Marc, notre second zadiste, en marche vers NDdL, la fin!

11 février 2013

Dimanche lors de la dernière étape pour arriver sur la ZAD, nous avons eu la pluie sans discontinuer depuis Nantes. Gelé et trempé, je n’ai pas beaucoup sorti mon appareil photo.

Sur la Zone A Défendre, 3 populations se promènent sur les petites routes bitumées, les champs détrempés, les chemins boueux et les véritables bourbiers:

– Les paysans historiques, ceux qui ne sont pas parti, vivent dans leurs fermes qu’ils continuent a faire fonctionner malgré le fait d’être expulsés.

– Les ZADistes, entre 100 et 200, qui sont venu occuper le terrain à partir du camp climat de 2009, vivent dans les fermes abandonnées et dans un campement nommé « zone hors contrôle » (emplacement de la tour de contrôle dans la projet d’aéroport). On y voit yourtes et tipis renforcés de plastique agricole noir, chapiteaux, caravanes, le tout relié par des pontons en bois pour ne pas se retrouver dans la boue jusqu’aux genoux. Les conditions de vie sont rudes. Des cabanes aussi, mais je ne les ai pas vu, n’ayant pas de bottes pour m’aventurer dans le bois.

– Les gendarmes enfin, présent en permanence sur le site, mais peu nombreux en ce moment (j’ai vu 5 fourgons au sud de la ZAD et un autre point de contrôle équivalent au nord, probablement donc une 50aine de fonctionnaires présents en même temps). Ils vivent dans les hôtels aux alentours et se relaient pour assurer des points de contrôle qui des fois bloquent le passage, des fois laissent passer personnes et véhicules. L’objectif semble être de rendre la vie difficile sur la zone en obligeant ZADistes et paysans à passer par les champs boueux et en empêchant l’approvisionnement en bouteilles de gaz par exemple. C’est assez grotesque cette action de police mesquine au milieu de cette vie improbable qui c’est organisée ici. Photo0176

La marche, grosse pour cette dernière journée de plusieurs centaines de personnes, est donc venu buter contre un barrage de 5 ou 6 robocops. Quand ils sont en infériorité numérique évidente ils sont très sympas et au bout de 10 min de discussion ils ont levé le barrage et nous ont laissé passer avec le sourire. A la Vacherie, les marcheurs sont accueilli avec chaleur et un bon repas préparé par les ZADistes. Les conditions de vie difficiles des ZADistes nous ont motivés pour marcher, notre marche à motiver les ZADistes pour continuer la lutte. Au bout d’une heure a peine à la Vacherie, un covoiturage inattendu m’a été proposé, avec départ immédiat. Le soir j’étais à Saint Gaudens, le lundi matin à Pau, fin de l’aventure.

Conclusion de ces 3 semaines intenses et humides : ce n’est pas contre un aéroport que nous nous battons mais contre un projet de société.

Marc

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